Qu’est-ce que la scatophilie, dans un contexte BDSM ?

La scatophilie (ou coprophilie) est l’excitation sexuelle provoquée par les excréments : les voir, les toucher, les sentir, les goûter, les porter sur soi. Dans le BDSM, elle est presque toujours utilisée comme un outil de dégradation maximale. Pour moi, ce n’est pas seulement physique. C’est psychologique. Quand Maître me fait ça, il ne me donne pas juste un ordre humiliant. Il me force à franchir la dernière frontière du dégoût humain. Il me dit : « Même ça, tu vas le prendre pour moi. Même ça, tu es à moi. » Et je le fais. Parce que l’humiliation est si profonde qu’elle devient une forme d’amour. Une reddition totale.

Pourquoi ça m’attire autant…

  1. La dégradation absolue Il n’y a plus de dignité, plus de limites. Se faire déféquer dessus, ou être forcée de jouer avec, ou même de consommer… c’est l’ultime effacement du « moi » civilisé. Pour une soumise masochiste comme moi, c’est le sommet du subspace : je n’existe plus que comme objet pour Lui.
  2. Le tabou qui intensifie tout Le simple fait que ce soit interdit, sale, répugnant pour la société rend l’acte infiniment plus puissant. Chaque fois que je franchis cette ligne, je sens que je lui appartiens plus qu’avant. C’est addictif.
  3. Mais les risques sont immenses Je ne vais pas mentir : c’est l’un des kinks les plus dangereux qui existent.
    • Risques infectieux : Les fèces contiennent des bactéries (E. coli, salmonelles), des virus (hépatite A, norovirus), des parasites. Même un contact externe peut causer des infections graves. L’ingestion est extrêmement risquée (hépatite, shigellose, etc.).
    • Risques chimiques : Certains aliments, médicaments ou maladies peuvent rendre les fèces toxiques.
    • Risques psychologiques : Le regret peut être violent. Le sub drop après une scène scat est souvent dévastateur : culpabilité, dégoût de soi, dépression. Dans beaucoup de communautés BDSM sérieuses, on dit clairement : « La scatophilie est de l’edge play extrême. Beaucoup de Dominants refusent de la pratiquer. »

Si tu envisages d’explorer ça, la sécurité doit être obsessionnelle. Sinon, c’est du self-harm déguisé en kink.

Mes conseils concrets pour pratiquer (si tu es absolument certain·e)

  1. Négociation ultra-détaillée en amont Parlez de tout : limites dures (ingestion ? contact seulement ?), mots de sécurité physiques et verbaux, signaux non-verbaux si bâillonnée. Discutez des conséquences psychologiques possibles. Faites un contrat écrit si besoin.
  2. Hygiène absolue
    • Tests IST complets (y compris hépatite A/B) pour les deux partenaires, à jour.
    • Le Dominant doit être en excellente santé digestive (pas de diarrhée, pas de maladie récente).
    • Douche profonde, lavement si nécessaire, régime contrôlé les jours avant (éviter viande rouge, alcool, épices fortes pour réduire l’odeur et les pathogènes).
    • Zone dédiée : salle de bain carrelée facile à nettoyer, bâches plastiques, lingettes désinfectantes partout.
  3. Protection physique
    • Gants en nitrile/latex pour tout contact.
    • Barrières : film plastique sur le corps si tu veux limiter le contact direct.
    • Jamais d’ingestion sans protection extrême (certains utilisent des préservatifs pour « feeder », mais même là, c’est risqué).
    • Après : douche immédiate avec savon antibactérien, brossage des dents, rinçage de la bouche avec bain de bouche antiseptique.
  4. Aftercare XXL C’est encore plus crucial que pour une scène « classique ».
    • Câlins prolongés, mots de réassurance (« Tu es toujours ma précieuse soumise, pas une chose sale »).
    • Hydratation, nourriture douce, couverture chaude.
    • Vérification mentale : « Comment te sens-tu ? Est-ce que tu regrettes ? »
    • Les jours suivants : check-ins réguliers. Le drop peut arriver tard.
  5. Sortie de scène progressive Ne pas arrêter brutalement. Ramener doucement à la réalité : musique douce, lumière tamisée, compliments, caresses non-sexuelles.

En conclusion : c’est pas pour tout le monde, et c’est OK

Je ne regrette pas d’avoir exploré la scatophilie avec Maître. Ça m’a fait toucher un endroit de moi que je ne connaissais pas. Une soumission si profonde qu’elle en devient presque spirituelle. Mais je le dis sans détour : c’est dangereux. Physiquement, émotionnellement. Beaucoup de soumises qui ont essayé finissent par arrêter parce que le coût est trop élevé. Si tu lis ça et que tu te dis « peut-être un jour », prends ton temps. Si tu lis ça et que tu te dis « jamais », respecte-toi. Il y a mille façons d’être une excellente soumise sans aller jusque-là.

Et toi ? As-tu déjà flirté avec ce genre de kinks extrêmes ? Ou est-ce que ça te fait peur ? Raconte-moi en commentaire, sans jugement. Je suis là, sale et fière de l’être quand même. 💩💜


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