Par une soumise qui en redemande.
La première fois qu’il m’a parlé de bastinado, j’ai ri nerveusement. « Fouetter la plante des pieds ? Sérieusement ? » J’imaginais une petite tape joueuse, comme une fessée un peu coquine. J’étais loin du compte.
Aujourd’hui, après plusieurs années de pratique, le bastinado est l’une des pratiques que je crains et que je désire le plus. C’est différent de tout le reste. Ce n’est pas juste de la douleur. C’est une douleur qui te traverse le corps entier, qui te fait perdre le contrôle de tes jambes, qui te rappelle à quel point tu es vulnérable… et à quel point tu lui appartiens.
Pourquoi le bastinado est si particulier
La plante des pieds est une zone folle. Des milliers de terminaisons nerveuses, des os fins, peu de graisse pour amortir. Chaque coup résonne directement dans tout le corps. Ce n’est pas comme être fouettée sur les fesses ou les cuisses : là, la douleur est chaude, diffuse, presque caressante au bout d’un moment.
Avec le bastinado, c’est aigu, électrique, brûlant. Un coup bien placé sur la voûte plantaire et tu as l’impression qu’un courant te remonte jusqu’aux reins. Tu sursautes, tu tires sur tes liens, tu cries… et tu mouilles. Oui, même quand ça fait vraiment mal.
Psychologiquement, c’est puissant. Tes pieds, c’est ce qui te permet de marcher, de fuir, de te sentir libre. Quand il les attache, les expose, les frappe, il me prive littéralement de ma mobilité. Après une bonne session, je ne peux plus poser les pieds par terre sans grimacer. Je rampe. Je reste à genoux. Je deviens encore plus dépendante de lui. Et ça… ça me fait fondre.
Comment ça se passe chez nous
On commence toujours par une négociation claire. Je lui dis mon niveau du jour (de 1 à 10), mes zones interdites (les orteils, trop fragiles pour moi), et on choisit les instruments.
Mes préférés, dans l’ordre :
- Le cane fin et flexible (bambou ou delrin) → la sensation la plus pure, la plus cinglante.
- Le crop en cuir → plus « doux » au début, parfait pour l’échauffement.
- La petite paddle plate en cuir → pour les sessions plus longues, la douleur est plus étalée.
Position : je suis souvent allongée sur le dos, les chevilles attachées ensemble et remontées vers le haut (genre en « frog tie » ou fixées à la tête de lit). Parfois il me met un bandeau sur les yeux. Parfois non. J’aime voir son regard quand il lève le cane.
Il commence toujours très doucement. Des taps légers, presque des caresses. Il alterne les zones : la boule du pied, la voûte, le talon (moins sensible), l’extérieur de la plante. Il évite soigneusement le centre de la voûte si on veut aller fort, parce que c’est là que ça devient rapidement insupportable.
Puis il monte. Lentement. Il compte parfois à voix haute. « Dix… vingt… » Je serre les dents. Je respire. Et à un moment, je perds le contrôle. Mes pieds se tordent, mes orteils se crispent, je supplie. Et il continue encore un peu, juste assez pour que je sente que je ne décide rien.
Les sensations… vraiment
Le premier coup un peu fort : une brûlure vive, comme une claque électrique. Après dix coups : une chaleur lancinante, les pieds qui gonflent légèrement, qui deviennent hypersensibles. Après vingt-cinq ou trente : une douleur profonde, presque osseuse, qui pulse à chaque battement de cœur. Marcher après ? Oublié. Même mettre des chaussettes devient une torture délicieuse.
Et le lendemain… oh le lendemain. Chaque pas me rappelle la session. Une petite décharge à chaque fois que je pose le pied. Un rappel constant de ma soumission. J’adore ça.
Sécurité : parce que c’est du edge play
Je ne vais pas te mentir : le bastinado n’est pas anodin. On peut vraiment se blesser si on fait n’importe quoi.
Ce qu’on respecte religieusement :
- Jamais de coups violents sur les orteils ou le dessus du pied.
- On évite les instruments rigides et lourds (pas de bâton de bois dur).
- On surveille la couleur et les marques : un peu rouge = ok. Violet foncé ou cloques = on arrête immédiatement.
- On ne fait jamais ça en fin de soirée quand on est fatigués.
- Safeword + safeword gestuel (parce que je crie souvent très fort).
Après la scène, l’aftercare est sacré. Il masse doucement mes pieds avec une crème apaisante, met des compresses froides si c’est très gonflé, me fait boire, me câline. Et surtout, il me répète que je suis sa bonne fille, que j’ai été courageuse. C’est là que le subspace retombe doucement et que je me sens la plus aimée.
Pourquoi je continue à en redemander
Parce que c’est humiliant. Parce que c’est douloureux d’une façon unique. Parce que ça me rend incroyablement soumise. Parce que quand il range le cane et que je rampe jusqu’à lui pour l’embrasser les pieds (les siens), je sais que je suis exactement à ma place.
Si tu es curieuse et que tu as déjà une bonne expérience en impact play, le bastinado peut devenir l’une de tes pratiques les plus intenses. Mais commence doucement. Très doucement. Et choisis un Dominant qui sait vraiment ce qu’il fait.
Moi ? La prochaine fois qu’il sortira le cane et qu’il me dira « Pieds en l’air, ma chérie », je vais trembler… et écarter les jambes en même temps.
Parce que je suis sa soumise. Et mes pieds lui appartiennent aussi.


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